• IMG_0462-copie-1.JPGDes fleurs ? Pour moi ? Merci, mais je ne les
    mérite pas vraiment !

    Ma condition de femme « libre » c’est à Elles que je la dois… L’histoire de cette commémoration est un peu galvaudée et rien ne vaut de se rafraîchir la mémoire sur l’un des sites qui parle du 8
    mars : journée internationale des luttes des femmes !

    Tant qu’il restera un femme opprimée à travers le monde, cette journée ne sera pas inutile à condition d’agir aussi dans notre vie de tous les jours…

    Par exemple :

    http://8mars-online.fr/histoire/

    J’ai beaucoup de retard dans la lecture de vos articles… Toujours déplacée… Je me rattrape bientôt…. Merci pour vos encouragements !

    Une belle journée à tous !

    Envoyé de mon IPhone et juste mis à jour…

  • Bonjour,

    J’espère ne pas vous lasser trop avec cette histoire, mais comme je suis en déplacement, et très occupée, j’ai choisi la facilité en vous faisant partager une histoire écrite depuis très
    longtemps et qui était en sommeil. Je travaille actuellement sur l’origine du batiment, (je viens enfin d’en découvrir l’origine dans les archives privées de la congrégation à Paris, rue du Bac
    !), et sa fonction au sein de la communauté de Montmirail, l’établissement des religieuses de Saint-Vencent de Paul. En effet, le seigneur de Montlirail, Philippe-Emmanuel de Gondi a été le
    protecteur de Vincent de Paul, qui demeure chez lui de 1613 à 1617. Plein de choses savouresues à découvrir…

    Aux copines pensionnaires qui me lisent, merci de m’écrire pour rectification si nécessaire…

    Voici, si vous le voulez, le 4ème épisode…

    Une femme, arrivée de je ne sais où, emportait ma petite valise et m’emmenait comme pour une première visite… Je la suivais en traversant la cour. Du côté gauche, se dressait un mur percé de
    fenêtres larges et une porte avec deux marches de pierre. A droite, une petite clôture de tige de métal en arceau protégeait très mal un petit mètre de jardin. Une rangée de cellules
    individuelles alignées comme de petites maisonnettes abritaient les enseignantes et monitrices. Deux marches pour accéder à la porte de bois, une fenêtre de chaque côté.Bat-principal.jpg

    La cour s’élargissait devant le bâtiment principal qui, dans mes yeux d’enfant, était aussi grand qu’un château. A ma gauche, un escalier, grand et large, menait à une autre cour. A nouveau,
    j’étais là, à nouveau se dressait devant moi cet immense bâtiment de meulière grise et beige. J’étais toujours aussi impressionnée, je me sentais écrasée. D’autant que tout là haut, Saint-Michel
    terrassant le dragon se dressait, me fixant avec des yeux vides. L’expression de mon visage a dû étonner mon accompagnatrice qui m’a rassuré avec des paroles banales.

    Au rez-de-chaussée, s’alignaient des portes doubles en bois, bien fermées. Il y avait trois étages. A l’arrière du bâtiment, aux deux angles, une espèce de tour de abritait en bas, les « waters »
    (à la Turque). Je ne les voyais pas d’où j’étais, mais j’avais le souvenir d’une odeur pas très agréable de la fosse septique à l’aplomb de cet endroit. Très vite j’oubliais et suivait ma guide
    vers la porte d’entrée. C’était la porte la plus à droite du rez-de-chaussée. Quand elle l’ouvrit, j’étais assaillie par l’odeur de la cire sur les boiseries bien entretenues et du cirage sur
    quelques paires de souliers fraichement cirées Un bien-être m’envahit, comme si j’étais de retour à la maison !

     Un escalier de bois accueillant avec une belle rampe usée par le passage d’une quantité de menottes desservait les deux étages. Sur le mur de gauche, des petits casiers attendaient les
    chaussures ou les chaussons, suivant que l’on entrait dans l’immeuble ou que l’on en ressortait. Ma valise fut ouverte et je changeais mes chaussures pour des chaussons neufs que maman avait
    achetés pour l’occasion.

    en-haut-cote-bat-principal-sepia.jpgLa monitrice qui m’accompagnait me précisa que c’était le côté des petites, les
    grandes passaient les mêmes épreuves, mais dans l’autre aile . Les petites d’un côté, les grandes de l’autre. Pas de croisement possible des petites et des grandes dans les escaliers ni dans les
    étages. Les grandes dans le dortoir du deuxième étage, les petites dans celui du troisième.

    Le dortoir était aussi long que le bâtiment moins les deux escaliers de chaque extrémité.

    On y accédait par un large couloir qui était équipé tout le long du mur d’un genre de mangeoire avec au-dessus, à intervalle régulier, un petit robinet qui distribuait une eau glacée. En face,
    des placards, pour les affaires de toilettes et de nuit. Il arrivait que l’on ouvrit les deux battants pour se dissimuler et faire une toilette plus intime.

    Deuxième halte pour ranger, un gant, une serviette de toilette, la savonnette et le pyjama – pas de chemise de nuit.

    Une grande porte double en bois ciré s’ouvrait sur le dortoir proprement dit. Comme c’était beau !

     

    (d’après une histoire vraie… à suivre…)

  • 3ème épisode

    La place Frérot à Montmirail. C’est là que nous descendions. Cette place, elle penchait… Il y avait une fontaine en pierre avec un bassin autour en pierre aussi. A entendre le chant du filet
    d’eau jaillissant des tubes de plomb et retombant dans l’eau dansante, on se sentait rafraîchi. Bien sur, j’allais tremper mes doigts et je me précipitais vers maman pour lui toucher le bras de
    mes mains fraîches et mouillées. Elle sursautait et elle riait…

      place Frérot REDUITE place Frérot 2

    Il était environ midi et nous remontions la rue menant vers le centre-ville où un restaurant contigu à une pension de famille nous accueillait pour boire et manger, tout simplement, sur des
    banquettes de cuir. On pouvait apporter « son manger » disant une ardoise… Maman avait lu tout haut et souriait !

    Vers deux heures après midi, nous redescendions la même rue vers la place qui penchait. L’eau de la fontaine chantait toujours. Maman réajusta mon chemisier dans ma jupe. Avec le coin de son joli
    mouchoir à fleurs et un peu de « baume de son cœur » -maman disait cela pour la salive – elle essuya le coin de ma bouche ou restait un peu de chocolat de l’éclair engloutit en dessert…

    A la pension Saint-Michel, c’était l’heure des réceptions et « visites ». Les nouvelles pensionnaires arrivaient avec de grosses valises. Celles qui revenaient de vacances, avaient des
    bagages plus modestes, l’ensemble du trousseau étant gardé à la lingerie. Venaient se joindre parfois à cette agitation, un visiteur pour l’une des pensionnaires à l’année et un sentiment
    d’abandon profond pour celles qui ne sortaient jamais.

    premiers pas l'entrée

    Le pignon côté rue servait de façade, sur deux étages, avec des fenêtres. Qu’y avait-il derrière les rideaux ? Jamais je n’étais allé dans les étages de ce bâtiment. La fenêtre du rez-de-chaussée
    correspondait à la fenêtre de l’infirmerie. Je le savais car j’avais dû m’y rendre bien malgré moi… lors de mon précédent séjour. Dans cette pièce, j’avais subi un vrai traumatisme : on avait
    percé un terrible mal-blanc à l’intérieur de ma main gauche, où une méchante écharde avait décidé de s’incruster. Sœur Geneviève, la vieille sœur infirmière ne s’en laissait pas conter… Elle
    était sèche et dur. Et il n’y avait pas d’anesthésie en patch à cette époque ! Alors, elle avait fait appeler deux personnes à la rescousse – des monitrices je crois – pour m’immobiliser
    tellement la peur et la douleur m’agitaient. Mais je fus bien soignée et je guéris vite.

    Sur la droite de ce pignon façade, le portail ! Un immense portail en fer peint en noir empêchait le promeneur de voir ce qui se passait derrière. Une minuscule porte s’ouvrit quelques
    instants après que maman eut appuyé sur le bouton d’une sonnette quelque peu dissimulé dans le mur.

    Je reconnus immédiatement la religieuse en cornette qui ouvrit. C’était la Mère supérieure, la directrice en quelque sorte. Nous devions l’appeler « ma Mère ». Un sourire en guise d’accueil, elle
    nous fit entrer.

    Le porche métallique passé, je trottinais derrière maman qui trottinait derrière la mère supérieure. Les pavés de la cour étaient luisants à force d’être piétinés par des générations de
    fillettes. En tournant le coin du bâtiment, j’entrevis deux de mes anciennes compagnes adossées au mur de réfectoire. Quelque chose les rapprochaient depuis longtemps surement et je les avais cru
    sœurs. Elles venaient toutes les deux d’un pays lointain, où les yeux ressemblaient à des fentes et les cheveux étaient aussi noirs que les corbeaux. Je savais maintenant qu’elles étaient
    orphelines mais pas sœurs utérines, mais sœurs de cœurs, rapatriées surement comme de nombreux autres enfants et adultes vers 1954… de l’Indochine…

    La Mère supérieure nous fit entrer dans le parloir, la pièce servant de salon d’accueil, juste à côté de son bureau et de l’infirmerie.

    Tandis que maman et elle, parlaient, je ne me lassais pas d’examiner les vêtements si particuliers des « Filles de la Charité », les religieuses de Saint-Vincent de Paul. La robe du
    dessus d’un gris bleu était ample. Peut-être y avait-il plusieurs jupons en dessous. Les manches très larges leur permettaient de glisser leurs mains dedans en se croisant les bras. Dessus, un
    tablier noir dont la bavette était fixée sur la poitrine par de minuscules épingles à nourrice, couvrait largement la jupe. Un gros chapelet de perles de bois accroché à la ceinture pendait le
    long de la jupe. Il invitait à la prière, à l’égrènement des « je vous salue Marie » par l’aspect poli de chaque grain, la douceur du toucher de ce bois sombre. Au bout une drôle de tête à deux
    faces et un crucifix. Le col qui retombait, empesé, sur le haut du tablier et la cornette, accrochaient le regard par leur blancheur immaculée. A chaque mouvement, la coiffe fortement amidonnée
    réagissait et les pointes du tissu s’agitaient mollement. Pas un cheveu n’apparaissait. En avaient-elles des cheveux, les religieuses à cornettes ? Les lunettes de la sœur supérieure reflétaient
    tout le soleil de cet fin d’été qui réussissait à passer par la fenêtre, et je ne savais pas si elle m’observait, mais je persistais à l’étudier. Enfin, l’entretien était terminé. Les deux femmes
    se levèrent et je les suivis dans la cour. Toutes les deux penchées vers moi, elles me disaient ce que je savais déjà : j’allais rester là pour un petit moment, maman s’en retournait et il
    fallait que je sois sage et obéissante. Maman viendrait bientôt me rendre visite. Gros baisers d’adieu, quelques pincements au cœur en regardant maman s’éloigner et disparaître par la porte de
    métal peint en noir.

    portail et bat accueil

  • 2ème épisode

    Saint Michel était le pensionnat le plus chouette de la terre et sœur Marguerite, avec son si beau visage toujours souriant, irradiant le bonheur, elle respirait la gentillesse….

    Je suis toujours très étonnée de me souvenir presque jour par jour, des mois que j’ai passé dans ce pensionnat.

    Tout d’abord, il y a eu le voyage pour venir à Montmirail. Maman et moi étions parties depuis le matin avec le train, jusque vers la gare du Nord (je crois !).
    Là des cars attendaient pour desservir des endroits où les trains ne s’arrêtaient pas, où il n’y avait pas de gare ni de ligne de chemin-de-fer, où pour des tas d’autres raisons que j’ignore. Les
    gros cars Citroën étaient bien rangés, marron ou bordeaux foncé, avec un gros nez en guise de capot. L’un d’eux ouvrit ses portes, et nous accueillit avec rudesse, sur ses banquettes bien dures.
    Les billets, maman les acheta-t-elle au chauffeur ? Pas de souvenir. Mais le voyage, oui, je m’en souviens.

    bus-citroen.jpg Sources photographie : http://forum.aceboard.fr/5699-1740-56345-19-pourri-photos-diverses-hors-RATP.htm

    Enfant de banlieue, je découvrais peu à peu la campagne au travers les vitres du car. Les reprises de la boite de vitesse et les grondements du moteur prenant son
    élan de toutes ses forces rythmaient le long voyage. Les haltes perturbaient mes rêveries. Au début, quelques personnes des banlieues que nous traversions arrêtaient le bus et elles montaient,
    silencieuses, perdues. Ils étaient sûrement comme moi, il avait besoin d’air pur pour retrouver le sourire !

    Par la suite, d’autres arrêts troublaient encore mes songes. Des villageois grimpaient les hautes marches ou les descendaient, parfois chargés de sacs, paquets et
    objets encombrants ; d’autres les mains dans les poches dégringolaient les marches, et sortant leurs mains, agrippaient un spectateur, qui le reconnaissait et ils s’embrassaient. Lors d’un de ces
    arrêts, le chauffeur, après avoir tiré épouvantablement sur le frein à main, descendait du car, grimpait sur la petite échelle de fer, accrochée près de la porte avant, sur le côté pour
    rechercher la valise d’une grosse dame essoufflée qui sentait l’étable. Il dessanglait le bagage, et devait le caler sur son dos tout en reprenant la minuscule échelle, et remettre le colis à sa
    propriétaire. Les éclats de voix et de rires, les paroles inaudibles, tout ce brouhaha m’agaçait. Alors, c’est quand qu’on repart, maman ?

    Enfin, placide, le chauffeur se réinstallait à sa place, relançait le moteur ; il appuyait successivement, par petit coup, sur l’accélérateur, ce qui provoquait des
    vrombissements de plus en plus fort du moteur. Les derniers voyageurs embarquaient, tout à coup pressés. Ceux qui restaient, se bousculaient et s’écartaient enfin, permettant au monstre Citroën
    d’attaquer un nouveau tronçon de route.

    Tout au bout, Montmirail. Avant, il y avait encore un long arrêt : La Ferté-Gauché. Pourquoi était-il plus long que les autres ? Le nom est amusant, gaucher comme
    un gaucher. On pouvait descendre du car, et maman souhaitait faire quelques pas. Moi, je ne souhaitais surtout pas bouger, rester dans ma bulle ; je protestais de devoir descendre ses
    gigantesques marches pour atterrir sur une terre inconnue. Et je boudais, une fois de plus, en signe de protestation. J’étais contrariée. Je m’enfermais dans un mutisme frondeur et restais tout
    près de maman, attendant impatiente, le moment de remonter dans le car. De nouveau à ma place, je remettais mon menton sur mes mains, front collé à la vitre, et je dévorais le paysage, oubliant
    ce qui m’entourait. Parfois, maman me parlait, mais rien de me distrayais de ce que buvaient mes yeux. J’étais là mais j’allais loin, très loin, et au bout de la route, au bout de mes rêves
    d’enfant.

    (d’après une histoire vraie, à suivre si vous le voulez…)

  • FACADE VUE DE LA PLACE FREROTL’arrivée à Saint-Michel

    Les souvenirs sont toujours incomplets, mais les impressions demeurent…

     Non vraiment, je ne me souviens pas de mon arrivée à Saint-Michel. J’ai beau faire des efforts de concentration, fermer les yeux, et penser à la petite fille que j’étais lorsque je n’avais
    pas sept ans…. Rien n’y fait… Aucune sensation lors de ce premier séjour au pensionnat ne remonte de cet endroit où je stocke mes souvenirs… Il n’y a que de vagues promenades… peut-ête…

    C’était donc lors des vacances de Pâques 1959, mes parents souhaitaient souffler un peu sans doute. Ma petite sœur de trois ans ma cadette était à Font-Romeu. Pour elle aussi, c’était un besoin
    de reprendre son souffle d’enfant asthmatique, état qui d’ailleurs, suite à ce séjour, n’a plus réapparu. Mais moi, toujours énervée et énervante, infernale, insupportable, j’épuisais par mon
    énergie débordante ceux qui m’aimaient. Des enfants comme moi, était alors un vrai fardeau. On me qualifierait aujourd’hui d’enfant « hyperactive » !

    Bref, j’avais aussi besoin de changer d’air. Quelques jours dans cet établissement devaient me calmer. Tout du moins, c’était ce que pensaient les adultes. Coutumière du fait peut-être, j’avais,
    très jeune, déjà été accueillie à Néris–les-Bains, réputée pour soigner les nerfs ou les troubles nerveux et du sommeil…Peu importe pourquoi. En ai-je vraiment un souvenir ?… Oui, quelque chose
    comme une odeur de chocolat chaud servi dans des bols de plastique bleu, une lumière d’un bleu-violet au-dessus de moi allongée…Rien d’autre je crois.

    Ces petites vacances furent le premier de mes séjours à la pension Saint-Michel de Montmirail, dans la Marne. Une enfant privilégiée dans une institution tenue par les religieuses de
    Saint-Vincent de Paul, aux cornettes impressionnantes mais dont je me souviens avec attendrissement.

    Les vacances d’été 1959, auprès de mes parents, évidemment, je ne m’en souviens pas. C’est à la fin de cet été-là que j’y suis revenue, à la pension Saint-Michel. Je reconnaissais les lieux,
    c’était sur, j’étais heureuse de revenir. Quel était cet établissement ? Question aussi que je ne me posais pas alors… Si jeune, on est là, on est bien ou on est mal. Moi, j’étais encore en
    vacances, en colonie, avec d’autres filles, à la campagne, avec les monitrices et les sœurs.

    (d’après une histoire vraie, à suivre si vous le voulez…)

     

  • Merci à Rose pour la réponse à mon commentaire suite à la lecture de ses vers très émouvants… Et ci dessous, ma réponse
    simplement, car les amours, ce sont les amis, les amants, les parents, les frères et soeurs… et les enfants… 

    Tu vois bien mon enfant, d’autres aussi cherchent leur quelqu’un !
    C’est ce que je fais douloureusement chaque matin,

    Mon tout petit. Toi mon fils au sourire si charmant,
    C’est le deux mars bientôt. Tu aurais eu trente-quatre ans…

    Ma main tu l’as lâchée il y a bien trop longtemps
    Et mes demains sont tristes sans toi maintenant.

    Ton rire et tes yeux pétillants, je les cherche, je les vois
    Sur ces très belles photos que l’on a faites de toi.

    C’est ton cœur qui a décidé ne plus vouloir se battre
    Alors que moi je vis ! Grand merci aux psychiatres !

    Où est passé ce temps ou dans mes bras, mon grand,
    Tu murmurais tout bas, « je t’aime ma maman »…IMG 0910

  • Avant mon retour provisoire de banlieusarde (Conflans-Sainte-Honorine 78), je suis allé « trainer mes guêtres » dans Villeneuve-sur-Lot. Bien m’en a pris car en allant photographier la jolie petite
    chapelle de Notre-Dame-du-Bout-du-Pont j’ai fait d’autres découvertes sur le chemin du bord du Lot… Après le dégel, j’ai trouvé des bloc de glace accrochés sous les maisons et les premières
    primevères, des embarcations abandonnées par les humains, et des couples de Colvert en mal d’amour, j’ai vu un ragondin s’enfuir au bruit de mes pas, les vestiges de lavoirs, dont deux complément
    cachés au regard de la promeneuse curieuse que je suis, mais que j’ai, avec ruse, devinés, capturés avec ma boite à image… Mauvaises photos néanmoins, gâchées par des grilles et ou autres
    objets entreposés, l’un étant caché et enfermé derrière des grilles cadenassées, l’autre, quasiment invisible s’il n’y avait eu le chant de l’eau… bien à l’abri sous un édifice avec arcades, mais
    réquisitionné par le club d’aviron… Dommage… Un seul est encore libre.

    Voici pêlemêle ci-dessus quelques vues. Un article de la Dépêche racontant la Chapelle et sa légende… suit dans un autre article

          Belle journée !

    Villeneuve-sur-lot-47-1802.JPG Villeneuve-sur-lot-47-1833.JPG Villeneuve-sur-lot-47 la chapelle du bout du pont rapproché Villeneuve-sur-lot-47 Canards Colvert poursuite de l’intrus Villeneuve-sur-lot-47 concrétions de glace Villeneuve-sur-lot-47 la barque Villeneuve-sur-lot-47 la solitude du banc Villeneuve-sur-lot-47 premières primevères Villeneuve-sur-lot-47 La tour de l'église Ste Catherine Villeneuve-sur-lot 47 les berges Villeneuve-sur-lot-47 la source du lavoir


     

  • Article publié par la Dépêche, 12/07/2008 10:53 | J.-LOUIS AMELLA

    « Villeneuve-sur-Lot. Le temps suspendu à Notre-Dame-de-Liesse »

    « C’est un endroit à la fois très connu par l’originalité de son architecture et suffisamment méconnu quant à son histoire.

     https://i0.wp.com/www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2008/07/12/200807121224_h192.jpg

    Villeneuve-sur-Lot. Le temps suspendu à Notre-Dame-de-Liesse DDM

    Le paroissien ne manque jamais un rendez-vous. Il vient le matin et le soir. Tous les jours ou presque. Deux tours de clé le matin dans la serrure de la porte
    principale et deux tours de clé le soir, dans l’autre sens. La chapelle du Bout-du-Pont est accessible toute l’année. C’est un lieu de culte. Une messe est célébrée tous les samedis, à 9 heures.
    Mais les Villeneuvois qui viennent ici n’attendent pas le culte officiel pour venir se recueillir. De tout temps, la chapelle fut d’abord un lieu de recueillement et de sérénité. « Autrefois il y
    avait des ex-voto sur tous les murs de la chapelle. C’était autant de remerciements de Villeneuvois qui avaient espéré un geste du ciel », explique une grand-mère qui vient ici toutes les
    semaines. « Vous savez, les Villeneuvois sont plus nombreux que l’on croit à venir ici passer une minute ou plus ou encore à faire brûler des cierges et des bougies. Et pas forcément des
    croyants… ». Les touristes ne prennent pas plus de temps pour découvrir le lieu. Ils sortent l’appareil photo et enregistrent le bâtiment cultuel, « l’extérieur surtout », note un voisin amusé
    devant les contorsions des photographes amateurs pour faire entrer toute la chapelle dans le cadre de l’appareil photo. « C’est vrai que le plus spectaculaire, c’est l’extérieur ». La chapelle du
    Bout-du-Pont (qui en réalité s’appelle chapelle Notre-Dame-de-Liesse ou de Gauch) est suspendue au-dessus du vide et de la rivière. La dernière grande étape de construction de la chapelle
    consista à installer les poutrelles métalliques qui remplacèrent les aisseliers de l’encorbellement sur le Lot. La chapelle du Bout-du-Pont aurait été fondée en 1289 selon la légende (lire par
    ailleurs), elle était la chapelle de la citadelle de l’entrée du pont. Maintes péripéties vont marquer son histoire : en février 1600, elle est fortement endommagée par la tempête qui emporte la
    tour du pont : reconstruite, elle est achevée avant 1 618 ou seulement en 1643 (les historiens ne sont pas d’accord) avec les matériaux inemployés pour la réparation du pont ; le couvrement en
    lambris est rehaussé par Antoine Papou, charpentier, et Antoine Philippes, maçon, en 1657 ; à la Révolution, le clocher est démoli ; en 1825, les murs côté Lot qui menacent ruine et le clocher
    sont reconstruits et la sacristie agrandie en encorbellement sur la rivière, sur consoles en pierre de taille et poutres ; en 1865, la sacristie et les façades sur la rue Notre-Dame sont
    réédifiées pour se conformer au nouvel alignement avec un décor néogothique ; l’intérieur est restauré dans les années 1860. »

    ________________________________________

    « La légende de la chapelle »

    « La légende raconte qu’un jour des embarcations descendant du Quercy furent subitement arrêtées par une force mystérieuse sur le Lot, à hauteur du pont des
    Cieutat. Les marins multiplièrent les efforts afin de pouvoir repartir vers l’aval du fleuve mais cela fut impossible. L’un d’eux décida de plonger pour voir qu’elle était cette force mystérieuse
    qui retenait l’embarcation. On le vit réapparaître avec à la main une statuette de la Vierge. À peine l’objet saint fut-il déposé dans la gabarre, les bateaux reprirent-ils leur course. Depuis,
    il fut décidé de construire à cet endroit, en aplomb du Lot, une chapelle, lieu de vénération et de pèlerinage pour tous les bateliers. Et la légende raconte que la statuette trouvée dans les
    eaux du fleuve veille la rivière depuis le toit de la chapelle. »

  • Et oui, c’est décidéordi portable
    Ce matin, je m’en vais
    Vers Paris retrouver
    un peu de mon passé. 

    Alors gentil lecteur,
    Je serai là, à l’heure,
    Demain  car à cette heure
    Je ferme l’ordinateur. 

     

     

  • Voici la suite de la mésaventure.

    Alors là c’est l’affolement général… Les provisions de carburant pour l’eau chaude sont presque épuisées, et le fournisseur vient de subir une demande brutale de livraison. Ma maison et moi ne seront livrée que dans dix jours, du coup, un matin nous constatons que Eau n’est plus chaude mais froide… Heureusement, la vieille dame qui a traversé les siècles, a connu des situations similaires et me souffle à l’oreille de stocker un peu d’Eau dans de grands récipients et sur la cuisinière, je les fais chauffer suivant le besoin !

    Et nous tenons le coup jusqu’à la livraison !

    Oui, mais … le carburant épuisé, la livraison de fioul en attente… Que fait l’amie Eau ?

    Eau d’habitude si joyeuse se fâche. Elle décide de s’arrêter aussi comme sa copine Chaude-Hier puisqu’elle ne l’a réchauffe plus… De froide, elle devient glaciale !

    Moi, je ne vois rien. Chaude-Hier reçoit enfin dans sa cuve, non loin de là, son carburant préféré… Je me dis que les ennuis sont finis.

    Le maître de la citerne livreuse me conseille de remettre Chaude-Hier en route dans deux-trois heures, le temps pour les les trucs en suspension dans le fioul de se déposer au fond de la cuve. A l’heure dite, je suis surprise d’entendre comme un ronronnement au loin… Mais ce n’est pas possible, elle n’a pas le droit de se remettre en route sans ma permission.

    Armée d’une lampe de poche, je sors dans la nuit noire – évidemment ce n’est pas pas en pleine journée que de tels événements ont lieu !

    Quand j’ouvre la porte, c’est une méchante surprise que m’a fait la belle Eau… Elle a fait un gros caprice : elle a « pété » non pas un boulon, mais un autre tuyau…et elle s’échappe à grand bruit, la vilaine…Elle crache sa colère en rebondissant sur la carcasse de la vieille Chaude-Hier et elle se répand par terre sur une hauteur de dix centimètres…

    J’ai un vrai moment de panique.

    Il faut agir vite mais Chaudière est branchée courant électrique et je ne voudrais qu’elle passe aussi sa colère électrique sur moi…

    Je n’y touche pas.

    Il faut absolument que je ferme la vanne d’Eau. Sa force lui vient de ce compteur qui est située sous la dalle à pas moins de 50 cm au-dessous du sol…

    Bon réfléchissons vite.

    Si je ferme Eau je n’aurais plus…

    Alors avant de pénétrer dans l’abri de Chaude-Hier, je fais à nouveau provision de quelques gouttes d’Eau, puis je me chausse en conséquence de bottes.  Pour la forme, je remonte ma manche gauche.

    La dalle est soulevée, heureusement …Je pose un genou dessus, Eau est vraiment glacée et pénètre la toile de mon jean… Allez, courage : je plonge maintenant ma main, puis mon bras jusqu’au-dessus du coude…la lampe de poche dans l’autre main, je cherche désespérément ce robinet que je ne visualise pas… les secondes passent, mes doigts se raidissent et enfin je trouve la vanne qui se laisse faire…

    Mon bras est glacée et j’ai terriblement froid… Je grelotte.

    Impossible de prendre une douche bien chaude… Je me déshabille totalement et enfile pyjama et robe de chambre, non sans m’être vigoureusement frottée avec une serviette éponge bien rêche… histoire de faire circuler le sang dans ce bras lourd et froid, comme s’il était mort…

    flambee

    Je frotte, je frotte…puis je me couche, sous ma couette, dans la douce tiédeur que la vielle dame a bien voulu me garder entre ses murs.

    Il faudra encore attendre deux jours pour la réparation de la fuite, puis encore deux jours pour réparer Chaud-Hier, qui est tellement fatiguée qu’elle n’a plus envie de travailler… Après les deux passages d’un gentil chauffagiste, et sensible à son charme, Chaude-Hier à céder. Mais je lui ai aussi promis de lui trouver une remplaçante… C’est surement cette nouvelle qui l’a aidé à « repartir ». Elle veut s’en aller fièrement, la tête haute et une bonne impression, un bon souvenir !

    Voilà ! Depuis deux jours, Soleil est de retour, Neige est partie mais Gel revient hanter mes nuits… Enfin, c’est ce qu’il croit, car ma vieille maison et moi, l’ignorons complètement et songeons aux beaux jours qui arrivent et aux soins promis pour la rajeunir. Un insert, peut-être, un chauffage solaire… La réflexion est en route sérieusement.

    Quant à moi… j’assume !