• En vitesse, et avec plaisir, je réponds au casse-tête de Sherry en pays breton de la  semaine du 25 au 31 mars 2013 :
    COULEUR
    qui nous dit que pour corser la chose, ne choisir qu’une seule couleur..

    Alors…
    La-flore-0094.JPG
    La-flore-0103.JPG
    La-flore 0096 (2)   fleur de moutarde style boker
    La-flore 1241  La-flore 0256
    crocus d'automne  MG 3493
    La-flore 0070  La-flore 0071
    La-flore 2423  La-flore 3534
    Fleurs de toutes saisons.
    Belle journée !
  • Vous le connaissez…

    Non ? Et bien il sera chez nous en mai 2013 ! Un très grand, Monsieur Galliano !

    Jugez vous-même ! Ici et ici

    Une belle journée !

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  • Avec l’art qui me caractérise… Je passe du coq à l’âne !

    Je vous propose la découverte du nouveau livre de Natasel (son blog).
    Toujours dans l’apprentissage de nouvelles techniques et, malgré ma peur d’échouer, je suis, attentivement, les leçons de Nathalie qui développe son savoir-faire dans ces jolis livres, mais aussi
    dans des diaporamas et  vidéos sur son blog (voir ci-dessous). Ainsi, pour les « perdues au fin fond des campagnes » comme moi, qui ne peux me rendre facilement sur les salons, je
    peux presque, en temps réel, exécuter les « leçons ».


    347 blog natasel

    J’en connais quelques unes… Hummm…

    A bientôt ? On en parle ?

  • Me voilà à la maison. Enfin, la paix.

    Si tu pouvais sentir les battements de mon cœur… Et mes tympans bourdonnent.

    Je mets de l’eau dans la bouilloire et me prépare une tasse de thé et en attendant que l’eau boue, je tourne en rond dans ma cuisine.

    Tu vois, rien qu’en te racontant ces faits, je suis toujours bouleversée, je ne comprends pas ce qui m’est arrivé.

    Bien installée dans ce fauteuil confortable déniché avec mon mari, il y a quelques semaines dans une brocante, devant une belle flambée, je laisse courir mes pensées, les yeux dans le vague. La
    douce lumière de l’abat-jour se répand sur moi et, sur la cheminée, les portraits de mes enfants, et la photo de mariage en noir et blanc, me réchauffe le cœur. La tasse de thé bien chaud me fait
    du bien.

    premiere-flambee.JPGJe garde le silence. Ces
    évènements me troublent, tu penses, et pourtant, ils me semblent familiers, maintenant que je suis apaisée et que mon esprit est passé à autre chose.

    Le mieux c’est de me faire aider, et qui peut, mieux que mon mari, m’aider ? Je décide de lui téléphoner. J’ai un peu peur qu’il se moque. Et, après lui avoir simplement dit qu’il était
    question d’une cloche, pour laquelle les habitants de Ladignac s’étaient révoltés parce que l’on voulait leur prendre, je l’entends rire. Il me rappelle gentiment, qu’il m’avait prévenu, que de
    farfouiller dans des vieux papiers cela allait me « monter à la tête »…Je l’imagine qui sourit et je souris à mon tour…

    –       « Tu veux que je te mette sur une piste », questionne-t-il au bout d’un long moment de silence…

    –       « Va dans ton bureau, dans le meuble que l’on vient de restaurer, sur l’étagère de droite, à hauteur d’yeux, il y a un dossier rouge à élastiques où
    tu as écrit au feutre noir : « Histoire de cloche… » . Bonne fin de journée ma chérie, à demain ? Bises ».

    Tu le reconnais bien, non ? Un sens de l’organisation, une mémoire d’éléphant. Ah, je t’avoue que dans ces domaines, organisation et mémoire, il n’a pas son pareil ! Précieux homme… Je
    devine ton sourire moqueur, mais je n’y peux rien, mon amie, c’est une vérité ! Mais il n’est pas plus étonné que cela sur mon aventure…

    Me voilà le nez plongé dans mes papiers ; je feuillète les liasses, notes, photocopies et autres documents et lis tout haut :

    –       « Archives départementales d’Agen, L 804 (délibération et
    correspondances ; Affaires administratives ; Conseil du district de Villeneuve) ; Germinal an II :

    Insurrection à Ladignac à cause de la descente d’une cloche ; un officier municipal revêtu de son écharpe fut maltraité ; dénonciation des principaux coupables au Tribunal
    criminel… »

    Je mets cette chemise de côté. Le suivant :

    –       « Archives départementales d’Agen, L 794 (délibération et correspondances ; Affaires administratives ; Conseil du district de
    Villeneuve) ; 5 juillet 1790 – 10 octobre 1793 ; 7ème cahier :

    …Descente des cloches, reste une par clocher, les autres sont destinées à la fonte et seront portées à Port de Penne, aux pénitents bleus à Penne, à Lustrac, à St Vite…, pour
    être
    embarquées sur le Lot. » 

    J’ouvre cette chemise, me souvenant de ces notes mises de côté. Je me souviens que je les avais mises là pour une éventuelle exploitation de ces informations.

    J’emporte le tout et retourne dans mon accueillant fauteuil pour relire soigneusement tous ces papiers. La transcription des documents originaux que j’ai eus en main dataient de 1794. Vieux
    papiers remués, poussière d’époque…Combien de mains ont ouvert ces liasses ? Combien d’yeux ont parcourus ces lignes, celles que j’ai lues, un jour, aux archives… C’était le 21 nivôse, an
    II, comme aujourd’hui, un 10 janvier. Quelle coïncidence !

    Je te joins des copies de mes transcriptions : la reprise de tous le déroulé de ce « fait historique », de leur arrestation, leur emprisonnement à Penne, les interrogatoires, leur
    transport à Agen dans l’attente de leur deuxième procès, leur procès et les sentences… De quoi retracer, pas à pas une petite page de l’histoire du village…

    Mais je te résume :

    Quatre personnes furent emprisonnées d’abord à Penne puis à Agen, attendant un verdict terrible pour avoir « incité à l’émeute » (dans le texte) et aussi pour avoir commis des
    « voyes de faits » (dans le texte) sur des officiers municipaux et un garde national !

    En cette période de troubles postrévolutionnaires, on ne « rigolait » pas avec la nouvelle autorité ; c’était, disait-il, pour le bien du Peuple !

    Heureusement, « l’Accusateur public provisoire » du Tribunal Criminel du département de Lot et Garonne, assez clairvoyant, je pense, après un fabuleux réquisitoire en faveur
    des prévenus (presque deux pages, sans point ni virgule) disait que « les inculpés l’ont été, pour s’être fait le plus remarquer dans un attroupement d’hommes et de femmes à Ladignac et
    parce qu’ils se sont opposer à la descente de la cloche de cette paroisse ».
    Mais, ils étaient ignorants d’une délibération du conseil général du 18 dudit mois, qui autorisait les
    officiers municipaux à faire descendre la cloche, la porter à Port de Penne, aux pénitents bleus de Penne, pour être embarquée sur le Lot et en rejoindre bien d’autres pour être
    fondue ».

    Alors il renvoie les prévenus au Juge de Paix du canton de Penne, pour une sentence à la mesure de ces conclusions.

    Son billet est court :

    « Je t’envoie, citoyen, un jugement du tribunal concernant deux hommes et deux femmes de Ladignac avec les pièces les concernant. Salut et fraternité »

    Cela va t’amuser, mais j’ai recopié la signature de ce billet : signataire du billet. Illisible comme tu le vois !

    Le juge de Penne les sanctionne donc sur les conseils de l’Accusateur Public sur les motifs de « Voies de faits qu’ils se permirent contre la Garde Nationale qui lesdits officiers
    municipaux requirent pour dissiper cet attroupement d’hommes et de femmes. »

    Et les voilà condamnés !

     « Jean Destieu,  dit Bicary, Elisabeth Saint-Martin, mariés, en la somme de 25 livres d’amende,

    Jean Bourget, en 40 livres,

    Et Françoise Desprats, épouse d’Antoine Coulomi , sonneur de cloches en cette ville, de 25 livres. »

    Tu sais, cette une histoire aurait pu finir bien plus mal… On coupait encore des têtes…

    Quant à moi, ma très chère amie, de cette aventure, il me reste ce petit galet rond, blanc, doux et tout poli venant surement d’une des plages du Lot, reretrouvé dans la poche de ma veste !

    Je te laisse à la méditation de cette aventure, pour laquelle, je n’ai à ce jour, aucune explication !

    Mes amitiés sincères et au plaisir de te lire prochainement ou de te recevoir ici, dans cette merveilleuse campagne où les mystères de l’Histoire demeurent !

    Baisers tendres, ton amie

    Joëlle

  • Bonjour…

    Oui, un beau programme à venir, le concert de mai 2013 à Trentels…

     

     

    A bientôt peut-être…

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  • eglise ladignac peinture persoAutour de l’église, la plupart des gens lèvent la tête vers le clocher. Des cordes pendent, et on a emprisonné la cloche dans une armature de bois. On veut la
    descendre.

    Moi je ne comprends plus rien. Tu ne peux pas t’imaginer l’état dans lequel j’étais… D’où venaient ces gens, et qui étaient ceux dans le clocher, ? Quand et comment étaient-ils montés ?

    Finalement, je n’ai pas le temps de répondre à mes questions. Je me sens soulevée par des bonnes femmes qui m’entraînent avec elles, tout en continuant d’invectiver ceux d’en haut. Ceux d’en haut
    veulent descendre la cloche, ceux d’en bas ne veulent pas.

    Quoi, dit-tu ? J’imagine ta bouche et tes yeux qui s’arrondissent… Je t’avoue que dans ma tête c’est pareil, le chaos total…

    Ceux d’en haut interpellent la Garde Nationale, pour qu’ils puissent faire ce qu’ils ont à faire. Et cela dure depuis le matin ! Je viens de l’entendre de la bouche de cette femme en bleu.
    Elle est en colère, ses joues tremblent pendant qu’elle crie, sa voisine à la peau jaune parcheminée grimace tout autant et je ne vois plus que des yeux exorbités et des bouches démesurées. C’est
    un cauchemar…

    Du cimetière, des pierres sont lancées vers ceux d’en haut. Parfois les cailloux ricochent sur le mur et retombent dans notre direction. L’un d’eux atterrit dans mon col, sans violence
    heureusement ! Machinalement je le mets dans ma poche. C’est un petit galet de la rivière, rond, blanc, doux et tout poli. Et ma main reste dans ma poche à le réchauffer.

    Un peu à l’écart des lanceurs de pierres, un homme d’une quarantaine d’années, discute ferme avec une femme en faisant de grands gestes, avec dans la main droite, son outil de jardin qu’il
    n’avait pas voulu lâcher pour suivre la « Françoise » qui est venue le chercher. Il crie qu’on ne doit pas descendre la cloche, que c’est elle qui mesure la vie – pas la vie religieuse
    bien sûr, la grande révolution l’a proscrit -, elle marque les heures pour se repérer, elle appelle pour les incendies, pour les noyades, le rassemblement… Comment saura-t-on après ?

    C’est ma petite voisine, une adolescente toute blonde, cheveux au vent, disparaissant sous un châle de laine grossière qui me dit que c’est « Moyse » et la « Desplats » qui
    s’écharpent !

    L’attroupement est de plus en plus dense. Je suis au cœur d’une action non désirée, dans ce tableau vivant d’une émeute à Ladignac…

    Je me croyais dans un tableau, une scène de genre à la Greuze ou Le Nain… Sauf que les personnages étaient vivants…

    A ce moment un officier municipal, avec son écharpe tricolore autour de la taille, interpelle la foule :

    –      « Moi, « Tricou », je vais monter pour descendre cette foutue cloche ! C’est une provocation, citoyens ! »

    En même temps, une grande fille rougeaude et ronde, qui dit fièrement être la fille de Coulomi, le carillonneur, revient par la rue principale en courant. Sa mère, (la Desplats), l’a envoyée
    courir le coteau et autres petits hameaux, afin de rameuter les gens pour qu’ils s’opposent à la descente de la cloche ! Elle traîne derrière elle d’autres hommes et femmes. Malgré le froid,
    elle transpire. Les cheveux qui dépassent de sa coiffe blanche sont mouillés. Sa cape est défaite et tout le bas de ses grandes jupes noires est crotté. Mon voisin, à droite, un gros homme aux
    cheveux longs et à la barbe hirsute interpelle l’un de ceux qui suivent la fille rougeaude :

    –       « Hé ! « Bicary », qu’est-ce t’en penses ? Faut pas la descendre not’ cloche ! De quel droit ? »

    L’autre le regarde, hébété, regarde le clocher, et de nouveau mon voisin. Il hausse les épaules et se rapproche du Tricou et du deuxième officier municipal qu’on interpelle aussi,
    « Goudal ». Le premier joint le geste à la parole, se faufile vers le clocher, passe le porche. Il doit maintenant gravir le petit escalier de bois du clocher. Son collègue distrait la
    foule pendant ce temps, essayant de la raisonner. Il lit même un document officiel, mais personne ne l’écoute vraiment.

    A ce moment là également, à quelques mètres de notre groupe, un grand gars tout dégingandé, que la petite me dit s’appeler « Destieu » apostrophe un bel homme en uniforme défraichi.
    Marie, ma petite voisine -enfin, je connais son prénom- me rapporte qu’il a été nommé garde national, il y a quelques semaines, qu’il s’appelle Boui, qu’il est diablement à son goût, que les
    filles du village aimerait bien…

    J’hésite à te raconter la suite, car c’est un peu… Bref, il saisit un peu durement le bras d’une femme. Celle-ci, surprise, s’évanouit presque.

    –       « C’est la femme au Destieu, me dit Marie, va y avoir de la bagarre ! »https://humeuretcreationsramaje47.fr/wp-content/uploads/2022/01/38cb2-garde_national_1791.jpg

    Destieu joue des coudes et s’approche de sa femme, lui commandant d’obéir aux hommes de l’ordre public. Il la relève de terre. C’est alors que l’autre officier public, Goudal, lui hurle plutôt
    qu’il ne lui parle, pour dominer le brouhaha ambiant, que sa femme l’a insulté. Destieu saisit Goudal par le collet, et il faut bien quatre hommes pour les séparer. Cela a failli tourner au
    drame.

    Mon amie, crois-moi, j’avais les joues en feu malgré le froid mordant, et ma tête me faisait mal… Mais impossible de bouger, j’étais vissée au sol. Mais vois la suite…

    Un grondement sourd stoppe net les cris, les jets de pierre et autres manifestations de colère : la cloche s’est écrasée à terre. L’église a perdu son âme.

    Quelqu’un me secoue. On dirait qu’en rejoignant le sol, la cloche a soulevé un nuage de poussière et mes yeux me piquent, me brûlent. Une voix dans mon oreille se fait insistante :

    –       « Ohé ! Ça va ? Vous allez bien ? »

    Mes oreilles bourdonnent du silence qui fait place à la rumeur de la révolte. La petite place de l’église, lorsque j’ouvre les yeux, est vide. Le seul signe de vie, c’est cette voix à mon
    oreille, qui marmonne qu’on ne doit pas s’endormir sur un banc comme çà, en plein hiver, qu’on peut « attraper » la mort, que vraiment, il n’y a que les parisiens pour faire des trucs
    comme çà, etc.

    Me voyant reprendre mes esprits, la silhouette à la voix fluette disparaît, tandis que je reprends possession aussi de mon corps.

    Mes membres sont engourdis, j’ai mal à la nuque, et le banc de pierre me rentre littéralement dans les reins.

    Alors, qu’en penses-tu ? Que m’est-il arrivé ? Je t’assure, je n’y comprends rien.

    J’étais vraiment avec ces gens, je l’ai ai touchés, entendus ; j’ai vu, ressenti, senti jusqu’à l’odeur de la poussière du chemin… Oui, mais quand ? N’était-ce pas avant ces
    évènements ? Ou après ?

    Je me sentais si fatiguée que j’ai rassemblé rapidement mes petites affaires éparpillées autour de moi et je suis bien vite rentrée chez moi par le chemin le plus court. Tant pis pour les croquis
    je reviendrai plus tard.

          (A suivre)

  • Le chemin mène à la plage où les barques attachées se balancent. Pour y arriver je dois passer devant le petit lavoir. Un toit de tuiles roses couvre l’ouvrage, mais il n’y a plus personne qui
    vient laver son linge aujourd’hui et l’eau est glacée. Il y a juste ce petit gargouillis de la source qui chante…

    Ladignac - entrée du village (2)Non, tu vois, j’ai choisis de remonter la « grande rue ». Une ancienne épicerie dont l’enseigne est en filigrane au-dessus de la porte, avec ses
    trois petites marches d’accès a ouvert ses volets de bois. La porte est entr’ouverte et un chat noir sort en courant. La porte vitrée se referme derrière lui brutalement. Les rideaux blancs et
    opaques sont remués par la violence du geste…

    Je me sens si seule dans ce village déserté… Où sont les habitants. Bien au chaud chez eux. Voilà le bruit d’un moteur, un soupçon de vie. Une personne que je ne reconnais pas tant il est
    emmitouflé, déboule d’une ruelle à moto. Ce bruit agressif s’estompe et le silence reprend possession du village.

    Mes pas résonnent et ce bruit unique rebondi d’un côté à l’autre sur les murs des maisons.

    A mi-chemin du bout du village, la rue croise une autre ruelle. Un calvaire en pierre est incrusté dans le mur de la maison qui fait l’angle. J’ai pris une photo cet été. Si je la retrouve, je te
    la joindrais à ce courrier.

    De l’autre côté de la ruelle, face à lui, la forge se repose. Le feu est éteint. Les outils bien rangés et le forgeron est occupé ailleurs. C’est vrai, c’est dimanche. Tous les jours se
    ressemblent quand l’homme de ma vie n’est pas là. Comme tu as pu le voir, avec lui, chaque jour est rythmé par un planning de travaux et autres « choses à faire ».

    Le village repose encore avant la grande messe. Tout à l’heure, la rue sera envahie de femmes endimanchées sous leurs manteaux et capes bien chaudes, d’enfants courant pour se retrouver pour une
    partie de billes en attendant l’appel des cloches annonçant le début de l’office.

    Mais aujourd’hui, j’ai décidé de m’attarder sur le banc de pierre, face à l’église. Je fais demi-tour et je m’assoie, rassemblant les deux pans de ma veste longue sur mes genoux. J’y pose mon
    sac, ôte mes gants et sors mes crayons, mes pastels, mon carnet de croquis. J’oublie le froid. Je vais tout saisir, tout décrire avec mes traits à moi, raconter chaque instant, et mieux
    comprendre la vie de ce village. Tu comprends, pour un instant, je n’écris plus, je ne photographie plus. Je me laisse envahir pas les couleurs, celles de l’hiver sur les pierres, les tuiles, les
    pavés, celles des bois des dessous de toits, des portes et des volets, celles aussi des fers forgés et ouvragés, peints, écaillés, dénudés… Un bruit d’ailes, quelques pigeons sur le toit de
    l’église…

    L’église date du XIIIe siècle et son cimetière, recueil des âmes de ce village depuis les temps anciens. Il se tiens àLadignac - 0 l'église (2) droite. La
    grille de son portail vert sombre est ouverte. Quelqu’un est-il venu ce matin déjà, pour se recueillir sur la tombe d’un père tué à la tâche, ou celle d’une femme morte en donnant la vie, ou
    encore la tombe toute blanche d’un enfant à peine né et trop tôt disparu ? Pas un murmure, à peine les eaux de la rivière qui s’énervent des obstacles sur son chemin que je perçois, de temps
    en temps, à cause du petit vent.

    Les curieux qui veulent contempler d’une manière plus intime le bâtiment religieux, peuvent déceler les marques de tacherons sur ses pierres, empreintes laissées par les tailleurs de pierre d’un
    autre temps. Savais-tu qu’une fois la pierre taillée, c’était aussi la preuve de leur ouvrage terminé pour recevoir le prix de leur peine ? Je les ai aperçues lors d’une promenade précédente
    et j’ai été émue par ces cicatrices plus que centenaires épargnées par le temps. Crois-tu qu’aujourd’hui encore, les tailleurs signent leurs pierres ?

    Ma chère amie, j’espère ne pas t’ennuyer… Mais c’est une aventure tellement étrange que je veux te conter qu’il faut que tu t’imprègnes bien des lieux, de l’ambiance, que tu arrives à te glisser
    dans ma peau…

    Mais, poursuivons…

    A gauche, le presbytère, solide maison de pierre, est accueillant. Le prêtre pourtant n’y habite plus, mais un filet de fumée grise monte bien droit de la cheminée vers le ciel triste, signe de
    vie. Toutes les nuances de rose et de gris des tuiles romanes du toit adoucissent cet univers minéral blanc et froid.

    Je prends un crayon et ébauche la silhouette de ce lieu de prières sur la feuille vierge. J’espère être en mesure d’illustrer les transcriptions des recherches que je fais sur le village. Il est
    vrai que j’ai fait des découvertes d’anecdotes dans mes visites aux archives du département. J’y ai trouvé des documents sur les habitants du village. Je te raconterai une autre fois, l’histoire
    de ma maison qui est datée de 1791… C’est à cause d’elle que je me suis intéressée à ce village qui a bien voulu de nous, il y a quelques années…

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    Je sens mes doigts qui
    s’engourdissent un peu, et mes yeux se voilent au fur et à mesure que le croquis prend forme. Ce froid ! Dangereux de rester immobile d’un temps pareil, vas-tu me dire !

    Je suis tirée de ma torpeur par des cris. On s’apostrophe, on se dispute, les voix de femmes et d’hommes ne sont pas loin, elles sont là, tout près de moi. Je n’ai pas vu venir cet
    attroupement…

    A suivre…

     

     

  • Suite de ma folle journée à Bruges. Temps maussade mais belle ambiance avec ma petite-fille. Merci pour cette belle journée Elina !

    (Un clic sur la photo pour la voir agrandie)

    Quelques rues…

    Bruges-en-Belgique 0845  Bruges-en-Belgique 0869

    De pierres….

    Bruges-en-Belgique 0854  Bruges-en-Belgique 0868

    Bruges-en-Belgique 0857  Bruges-en-Belgique 0871

    D’eau…

    Et détail rigolo…

    Bruges-en-Belgique-0857--2--saute-mouton.jpg

    Jeu de saute-mouton ?

    Maisons typiques autour des places…

    Bruges-en-Belgique 0976

    Bruges-en-Belgique 0979

    Et Elina, ma petite fille qui n’a pas l’air bien réchauffée…

    Et pour finir… Quelques photos gourmandes ! Un p’tit clic sur l’album ci-dessous.

    des-gourmandises-a-Bruges--en-Belgique des-gourmandises-a-Bruges–en-Belgique  

    Belle fin de journée !

  •  

    Un avant goût du concert de Mai 2013…

     

    Belle journée !

    IMG 7894

  • Très chère amie,

    Je t’écris d’un village hors du temps, Ladignac, construit sur le bord du Lot, à l’écart du grand chemin qui va de Villeneuve à Fumel.

    L’hiver est là, bien installé. Il fait froid mais le temps est sec. Une journée ordinaire. Ce matin, un verre de jus d’orange, un thé léger, deux larges tartines de pain de campagne frais, sur
    lesquelles j’ai étalé un peu de beurre et de confiture de fraise suffisent à mon petit déjeuner. Follette, quant à elle, après quelques caresses quémandées, avale ses croquettes et demande à
    sortir comme presque chaque matin.Insurrection-a-ladignac 0632

     

    Vers dix heures, je me chausse de ces chaussures si confortables pour la marche, j’enfile le pull beige de mon cher mari toujours absent pour ses affaires, celui qu’il laisse en permanence sur le
    porte-manteau de l’entrée, et, dans la crainte de pluie ou de neige, j’endosse la grosse veste imperméable achetée sur le marché de Libos cet automne. Tu te souviens de ce marché ? On peut y
    trouver de tout, et même, dès les premiers beaux jours, quelques volailles, lapins et canards pour repeupler poulaillers et clapiers, vidés pour les terrines et toupines d’hiver.

    J’ai choisi d’emprunter le chemin de halage. Les brumes blanches et duveteuses flottent sur le Lot comme souvent le matin, s’accrochant aux branches grêles des arbres qui bordent la rivière,
    comme autant de mains décharnées cherchant à ralentir l’eau fougueuse. C’est vrai que cette année, le ciel a été généreux, trop presque ! Les eaux de l’étang près de chez moi sont très hautes et
    l’autre matin, j’ai aperçu un ragondin. Il faudra que j’en parle au voisin.

    Sais-tu pourquoi j’aime cette promenade ? Quand mon mari est ici, nous aimons y flaner… La campagne en repos est apaisée, calme. Aucun bruit de moteur, les tracteurs sont remisés pour quelques
    semaines encore. J’entends les croassements des corbeaux freux, « croa, croa ». Ils se disputent les rares proies prises dans les champs en sommeil.

    peupliers blancsDans un bosquet de peupliers blancs, le long de la berge, des pies jacassent bruyamment autour d’un arbre où un vieux nid se déconstruit au plus haut des branches. Un peu tôt
    encore pour les amours !

    Les cris des oiseaux et le chant de la rivière sont les seuls bruits décelables dans ce tableau dont je fais partie. Un instant, je me dédouble dans l’intention fugace de peindre ce tableau.
    Amusant non ? Tu as toi l’art de peindre au bout des doigts… Peux-tu imaginer cette toile ?

    Je chemine le long de la berge, m’approchant doucement du cœur du village. J’ai laissé Lustrac, son moulin, son château et son histoire loin derrière moi.

    Me voilà devant le monument aux morts.

    L’ancienne auberge signale l’entrée du hameau. Elle est à peine restaurée. On devine l’ancienne terrasse accueillante où une tonnelle recouverte de glycines odorantes abritait quelques tables et
    bancs de bois. Sur son bord, côté place, les souches de trois ormeaux qui avaient un âge respectable du fait d’une circonférence importante. Quel dommage que cette essence soit victime de cette
    maladie fongique, « la maladie des ormes ». Un insecte qui transporte un champignon pour pouvoir digérer le bois… Et rien pour arrêter cette maladie !

    Trois cents âmes vivent dans ces maisons de pierre qui ont toutes une histoire. Ha ! Si les murs pouvaient parler, ils auraient bien des choses à raconter !

    J’ai hésité. Prendre le chemin de droite ou la rue principale à gauche ? Toute la vie on hésite… Faire le bon choix. Mais là, rien de grave dans mon choix, n’est-ce pas ? Une rue ou une autre. Et
    pourtant…

     

          A suivre

    Certains, certaines, connaissent ce texte. C’est l’un de mes premiers, avant, avant… Lors de ma première vie ici, en Lot-et-Garonne. Présentée à un concours de nouvelles en région
    parisienne, je n’ai pas été primé pour le texte, qui, je l’avoue n’était pas très bon, mais l’histoire me plait, m’inquiète et vous plaira peut-être…

    J’ai tenté une réécriture sous la forme d’une lettre… à une amie très chère.