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    Enfants pauvres unis sous l’ombrelle
    Vers quel avenir
    Résignation, colère.

     

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    Il est déjà neuf heures et tu t’es endormi,
    Ton visage posé sur ton bras replié.
    Le livre commencé est largement ouvert
    Laissant s’échapper les mots que tu as lus.

    Mes yeux restent fixés sur tes paupières closes.
    Une mèche un peu folle retombe sur ton front.
    Sur tes joues sont posées des taches de rousseur
    Que le soleil ardent a semée cet été.

    Je dévore des yeux ton visage en repos
    Dessinant mentalement la courbe de ton cou
    Effleurant du regard tes sourcils soyeux
    Accordés à la blondeur vive de tes cheveux.

    Ta bouche close laisse naître un sourire
    Qui m’émeut. Et je retiens mes larmes…
    Ne pas pleurer, car je ne te verrais plus
    Dans la brume qui brouillera mes yeux.

    C’est il y a longtemps que j’ai peint ce tableau
    Celui de toi, petit, à tout juste sept ans !
    Le père que j’étais, souhaitait tendrement
    Immortaliser ces instants de l’enfant apprenti.

    Et j’ai bien réussi en dix-sept cent cinquante-cinq
    Cet instantané de toi, que j’ai voulu garder…
    Ils ont voulu te prendre et même te payer,
    Mais je n’ai pas cédé et ne regrette rien.

    Je peux au moment que je veux, te prendre dans mes bras.
    Caresser ton visage et te dire des mots doux.
    Relire quelques lignes du livre grand ouvert
    Par-dessus ton épaule… J’imagine que bientôt tu vas te réveiller.

    Mais rien à faire… Restent figés, ton image et mes rêves…

    Mamie-jo inspirée par Jean-Baptiste Greuze