Il n’est pas trop tard pour parler d’avril en poésie :

Mon avril
Vivre en campagne, à mi coteau,
Entre le Lot, là, en bas du vallon,
Et les champs des blés à venir,
Et les pruniers défleuris
Dont les fruits nés
Ne demandent qu’à mûrir,
Et la couronne du petit bois
Restant en haut du coteau…
J’aime avril et aussi
Celui du poète qui comme moi
L’a connu, décrit et aimé
Et j’aime aussi,
Les autres mois de l’année.
Joëlle W.
Après l’hiver
Victor Hugo
N’attendez pas de moi que je vais vous donner
Des raisons contre Dieu que je vois rayonner ;
La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
Je suis par le printemps vaguement attendri.
Avril est un enfant, frêle, charmant, fleuri ;
Je sens devant l’enfance et devant le zéphyre
Je ne sais quel besoin de pleurer et de rire ;
Mai complète ma joie et s’ajoute à mes pleurs.
Jeanne, George, accourez, puisque voilà des fleurs.
Accourez, la forêt chante, l’azur se dore,
Vous n’avez pas le droit d’être absents de l’aurore.
Je suis un vieux songeur et j’ai besoin de vous,
Venez, je veux aimer, être juste, être doux,
Croire, remercier confusément les choses,
Vivre sans reprocher les épines aux roses,
Être enfin un bonhomme acceptant le bon Dieu.
Ô printemps ! bois sacrés ! ciel profondément bleu !
On sent un souffle d’air vivant qui vous pénètre,
Et l’ouverture au loin d’une blanche fenêtre ;
On mêle sa pensée au clair-obscur des eaux ;
On a le doux bonheur d’être avec les oiseaux
Et de voir, sous l’abri des branches printanières,
Ces messieurs faire avec ces dames des manières.
26 juin 1878

Entre Trentels et Ladignac, coule La Tourte, qui file se jeter dans le Lot.
Bon mardi !
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