Présentez la maison de vos rêves.
La maison de mes rêves est celle où je demeure depuis…
Et je ne l’ai pas choisie, c’est elle qui m’a choisie. Nous nous sommes rencontrées une journée pluvieuse et venteuse de novembre, il y a près de vingt-cinq ans.
Une ancienne ferme basse, avec un toit rose et gris de tuiles romanes, pleine de cicatrices, entourée de terres, une citerne accolée à l’arrière, et un puits où la corde a fini par laisser son empreinte sur la margelle.
En façade, cinq grandes fenêtres aux solides volets de bois sont closes. La porte vitrée est quelconque.
Une terrasse carrelée jusqu’à la troisième fenêtre donne sur un chemin en ciment qui fait le tour du bâtiment.
Sur la terrasse, une pièce a été construite plus récemment. L’accès à une double cave se trouve dans cette pièce qui obstrue toute cette partie de l’ancienne façade. La première cave est aveugle hormis la porte et se trouve sous ce qui est dénommé, le grenier. La deuxième cave, à droite se trouve sous l’une des pièces de la maison. Elle côtoie la citerne, et une vieille porte en bois gris dont les lattes disjointes laisse passer le vent, l’eau des pluies et sûrement un tas de petits animaux donne accès à l’arrière.

Franchir le seuil est émouvant. Sa pierre est usée par des générations de souliers, godillots et sabots. Et mon pied chaussé se pose sur les leurs. Le sas repose sur les restes d’un mur de grandes pierres taillées à droite, et sur un pan de mur en torchis de l’autre côté. L’intérieur est usé mais il règne quelque chose d’indéfinissable qui me touche. Cette maison a des choses à dire. Mais dire cela a un mari insensible au « sixième sens », et à un conseiller immobilier…

Les pièces se succèdent de part et d’autre d’un couloir. Plusieurs endroits ont été soit murés (d’anciennes fenêtres sans doute) soit ouverts vers une partie construite pour accueillir une cuisine conventionnelle, des toilettes et salle de bain, un débarras et la chaufferie.
Pas d’accès direct sur l’arrière.
En tournant au coin de la maison pour aller à l’arrière, une bourrasque me déstabilise et je descend la pente légère plus vite que je le voulais mais j’apprécie d’un coup le paysage, le pré qui descend vers un ru qui file vers une pièce d’eau plus bas vers la gauche et dont l’autre côté remonte en une douce colline qui accueille des rangs de pruniers d’Ente, et en couronne, un bois.
Voilà chacun de nous trouve des atouts malgré les travaux qui nous attendent. La maison sera à nous en ce début d’année 2000…
Depuis, j’ai appris son histoire et découvert sur le linteau de la porte la date présumée de sa naissance, 1797
, j’ai fait la connaissance des familles de ceux qui m’ont précédés depuis le début du dix-neuvième siècle. C’est la Claire qui me parle le plus. Veuve, elle se remarie avec un homme bien plus jeune et vit ici. Les noces furent joyeuses et laissèrent un souvenir qui se permettra que l’on appela le bal de la Claire… mais c’est une autre histoire !

le 1 percé pour le passage du fil électrique de l’éclairage…
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