Je ne croyais pas pouvoir publier ces jours-ci… Mais certains amis ont pour muse des roses, d’autres ont la flamme du coeur, moi c’est la peine ma muse… C’est
elle, souvent qui me fait écrire, comme si, dans le geste d’écriture, la trace de mots, de ces mots que je ne peux prononcer sans pleurer, je pouvais trouver la paix de l’esprit…

Thérapie ? Je n’irai pas jusque là. Mais instants de mieux-être, peut-être…

La peine, elle ne se partage pas…
Mais on peut imaginer le chagrin de l’autre par rapport au sien
!

 Alors ce texte, il est pour elle, qui n’a même pas internet, et qui me manque… avec le dernier morceau de
musique qu’il aimait et qu’ils écoutaient tous les deux…  (Cliquez sur II si vous souhaiter écouter).

JEROME2.jpg

 

A Delphine,

Je pense à toi petite,
Tu ne viens plus nous voir !
Crois-tu que la douleur s’en va
Parce qu’on ne te voit pas ?

Au contraire c’était bon
Le partage avec toi
De nos souvenirs de lui,
Avant et avec lui !

Tu es loin et seulette
Et tu souffres toi aussi,
De son départ sans nous
Sans espoir de retour…

Ma petite Delphine
Tu resteras toujours
L’amour de mon garçon
Et ma tendre belle-fille.

Je regrette tellement
que pour nous protéger
Et Apaiser ta peine
Tu ne viennes plus nous voir…

Iras-tu sur sa tombe ?
Iras-tu donc le voir ?
Je ne peux y aller
C’est son père qui sera là.

Quant à moi, et j’ai honte,
Je vais très peu le voir
Préférant et de loin
Son image vivante.

Les souvenirs suffisent
Je ne peux regarder
Cette pierre glacée
Et le savoir dessous.

A chaque fois la plaie
Jamais cicatrisée
S’ouvre encore un peu
Laissant jaillir mes larmes.

Pendant des jours durant
Je revis cet instant
Où dans ce trou béant
Son corps, on a glissé…

Je n’ai vraiment pas
Envie de vivre çà.
Alors je n’y vais plus
Préférant l’évoquer.

Parler de lui encore,
Parler de lui toujours
A quelqu’un, à personne
A vous qui me lisez !

Il faut que je le fasse.
Pour ceux qui sont vivants
Sinon je vais sombrer
Dans cette nuit sans fin,

Celle de la folie…

Allons Delphine, parlons encore de lui…

« When the wind blows i can feel you,
Through the weather and

even when we´re apart
it feels like we´re together »


 

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6 réponses à « A Delphine, la compagne de Jérôme… »

  1. Avatar de Line

    Une tragédie que la perte d’un enfant, et là tu sembles en avoir perdu deux avec sa compagne.

    mes larmes coulent

    je connais cette souffrance qui ronge le coeur et que jamais rien n’apaisera
    bisous

    ce poème me touche au plus profond de moi

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  2. Avatar de Carmen

    Nous sommes attachés à nos enfants et la distance, la séparation même définitive, humainement parlant, renforce ce lien, douloureusement. Les larmes, la poésie assouplissent cette douleur… comme
    un épanchement, une saignée de l’âme qui élève notre impuissance et transporte nos maux, plus haut.
    Les périodes anniversaires sont terribles, on s’enferme, et même si on parvenait à s’anesthésier, les rêves nous ramèneraient auprès de la présence aimée.
    …ensuite, tout ce que l’on vit dans l’année on l’offre à l’absent.
    Je souhaite que lorsque tu te relèveras de ce temps de chagrin tu puisses saisir tous les signes de beauté auprès desquels tu passeras.
    Amitiés.
    Carmen

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  3. Avatar de clara65

    Chère Mamie-Jo, je ne savais pas pour ton fils, je suis toute retournée. Je pense à toi et à la peine que tu as.
    Parler des disparus les fait revivre un peu, tu as raison et je suis comme toi, je ne vois pas les êtres chers dans un cimetière. Je préfère garder leur image dans mon coeur.
    Ta belle-fille n’ose peut-être pas affronter tant de douleur.
    Avec toute ma sincère amitié.

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  4. Avatar de Le Noctamplume

    Bonsoir Joëlle,
    J’ai la même réaction que toi concernant la mémoire des défunts qui nous sont très chers et je pense que le cœur et la meilleure des tombes qui soit.
    Alors, n’ai pas la honte, les souvenirs de leurs vivant, ne sont-ils pas les plus aptes pour les garder avec nous et poursuivre le dialogue en gardant précieusement l’univers qui nous comblait
    avant leur disparition.
    La pierre, le marbre, l’enfouissement, ne laissent qu’une symbolique de froid et de tristesse et en parler comme s’ils étaient là, dans un espace de temps restreint, puisque nous sommes tous amenés
    à les rejoindre, édulcore nos chagrins, sachant que le destin nous donne le devoir tant que nous sommes en vie de ne point lâcher prise.
    Pourvu, qu’elle te lise, cette délicate Delphine, qui te manque beaucoup, comme ton fils bien aimé, toi qui as eu la force de puiser l’exutoire, dans ces merveilleux vers, criant ton désespoir.
    Toute mon amitié
    Le Noctamplume

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  5. Avatar de Rose

    Bisous Joëlle… je pense à toi, à vous…
    Rose

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    1. Avatar de Mamie-jo

      Journée de solitude… C’était mieux ainsi ! Merci d’être là

      Bises et bonne journée !

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